L'Histoire Ablutienne au fil du temps


L'histoire de Saint Martin d'Ablois depuis l'époque romaine jusqu'à nos jours

Etymologie d'Ablois


Etymologie des noms de la commune

DATE NOM
1145 Sanctus Martinus de Avleis
1155 Sanctus Martinus de Avlis
1219 Avelois
1240 Aublois, Avlois
1245 Avloys
1252 Ablois
1262 Sanctus Martinus de Avlois
1274 Avloi
1409 Abloiz
1462 Abloys
1539 Saint Martin d’Ablays
1634 Sainct Martin de la Bloys
1735 Saint Martin d’Amblois
1749 Saint Martin d’Hablois
1783 Sanctus Martinus in pago Ablensi
1789 Saint Martin d’Ablois
1793 Ablois
1952 Saint Martin d’Ablois


Ablois revêt plusieurs origines :

  1. "Ablois", en latin Auleis, pourrait venir de « ablutus » : lavé, arrosé. D’où le nom d’Ablutiens donné aux habitants. Saint Martin d’Ablois pourrait signifier Saint Martin des Eaux. En effet, de nombreuses sources jaillissent au village. Deux hameaux portent le nom des sources de Montbayen et du Sourdon.

  2. D'après M. Dauzat et M. Rostaing (Dictionnaire étymologique des noms et lieux en France), M. Vincent et M. Nègre (Ecrivains), l'origine d'Ablois pourrait aussi venir du mot "avellatum" dérivé du bas latin "avellana" qui signifie noisette ou lieu où poussent les noisettes. Ablois venant de "ablutus" n'aurait pas sa raison d'être. Nous serions au pays des noisettes, l'aveline est une grosse noisette.

Au temps des Romains


Selon Jean Baptiste Bourguignon d'Anville (géographe et cartographe) Saint Martin d'Ablois serait l'ancienne station gallo-romaine de "Bibe" . Des monnaies romaines ont été découvertes à la ferme de Montbayen, ainsi que M. le comte de Mellet l’a signalé au congrès archéologique de Chalôns-sur-Marne en 1855. Ladite ferme de Montbayen serait considérée comme le reste d’un faubourg d’une ancienne cité, ce qui tend à appuyer l'existence d'une origine gallo-romaine.

Au Moyen-Age


Au milieu du XIIème siècle Thibault de Champagne rattacha Saint Martin d'Ablois à l'abbaye Saint Martin d'Epernay. Les religieux (Chanoines réguliers de Saint Augustin) s'y installèrent le 4 juillet 1152.

Au XVIème siècle


Lors de la mort du roi François II, on avait assigné un douaire à sa veuve, Marie Stuart, dans lequel entraient entre autres la châtellenie d'Epernay et la vicomté d'Ablois. Elle avait donc le titre de Dame d'Epernay.

Ce titre n'avait rien de fictif, elle s'en servit pour séparer Ablois de la ville d'Epernay. Saint Martin d'Ablois qu'on lui avait vanté comme beau site, fut le but d'une de ses promenades.

Un gentilhomme de sa suite aurait été chargé d'aller prévenir le vieil abbé du couvent de Saint Martin, qu'elle irait entendre la messe le dimanche suivant.

Le 20 mai 1561


Enfin, le grand jour était arrivé. Tous les moines étaient réunis à la chapelle et jamais le maître-autel n'avait connu une telle profusion de fleurs fraîches coupées emplissant la nef de leurs subtils parfums. Aussitôt l'office eut lieu et cela au milieu d'un recueillement profond qui ne déplaisait pas à Marie Stuart.

Ensuite eut lieu un repas substantiel et au moment du dessert, Marie Stuart dit à l'abbé : "Messire abbé, vous qui connaissez le pays, vous seriez bien aimable de nous guider, ma suite et moi, dans la promenade que nous projetons, car je devine de biens jolis sites aux alentours du monastère.".

Au cours de la promenade au Sourdon elle s'écria : "Oh ! Cette France aimée, la quitter quand il fait si bon y vivre des choses de l'esprit ! La quitter quand elle offre tant de poésie sous son beau ciel ! Tenez ces ombrages, comme ils sont beaux ! Cette source qui se répand en cascades à travers les rochers donne par son murmure l'illusion d'une musique lointaine, dont l'âme est délicieusement caressée ! Ces rayons d'or qui traversent la feuillée, ces oiseaux qui se jouent dans le prisme ensoleillé, non on ne peut se résigner à quitter tout cela ?".

Les meules à moulin


Aux XVIIème et XVIIIème siècles, Saint Martin d'Ablois était réputée pour ses meules à moulin. Elle fut même l'un des trois centres principaux en Brie et Champagne occidentale dans ce secteur délimité par la Ferté-sous-Jouarre, Château-Thierry, Reims et Sézanne.

Les meules sont des pierres dures et raboteuses, taillées en rond qui servent à écraser les grains pour en séparer la farine.



© Emmanuel Boutet
  1. Trémie
  2. Auget (=Esclop)
  3. Baille blé
  4. Manche de l’auget terminé par le cabalet
  5. Babillard (=Frayon, Cornilhet, Fuseau ou Quenouille)
  6. Œillard
  7. Meule tournante
  8. Meule couchée
  9. Anille
  10. Fourchette
  11. Petit fer
  12. Support de meule
  13. Poutre en bois
  14. Archure


Ce fut dans les fôrets d'Enghien et d'Epernay que furent exploités, pendant des siècles, les bancs de meulières enfouis sous d'épaisses couches de sable. On procédait à leur recherche en sondant le sol d'une broche. Lorsqu'on repérait un bloc de meulière, on vérifiait l'état de la pierre, on traçait un cercle du diamètre de la future meule puis on dégageait une sorte de cylindre, devant fournir une ou deux meules, qu'il fallait sortir du banc en utilisant coin, levier, marteau, "cry" et "fuyel". La meule était ensuite redressée, calée et affinée : on la perçait au centre d'un oeillard (6 sur le schéma ci-dessus) ; sa surface était nivelée avant d'être striée de rayons nécessaires à l'évacuation des farines.

Les meules mesuraient de 35 à 42 cm d'épaisseur et de 1m53 à 2m09 de diamètre, elles pesaient de 979 à 1223 kg.

Les meules grises, blanches ou rouges façonnées à Saint Martin d'Ablois faisaient l'objet d'un négoce presque entièrement aux mains des marchands d'Epernay. Elles étaient ensuite transportées par roulage ou par voie d'eau (au départ de Port-à-Binson ou d'Epernay) et expédiées en Champagne, dans les provinces limitrophes, mais aussi jusqu'en Bretagne, dans le Midi de la France, ainsi qu'en Belgique, En Allemagne et même aux Etats-Unis.

Le C.B.R.


En 1891, l'idée d'un chemin de fer d'intérêt local allant d'Epernay à Montmirail est lancée. En 1895, c'est la compagnie C.B.R. (compagnie de chemins de fer de la banlieue de Reims) qui obtient l'exploitation et la ligne est ouverte le 27 juillet 1903, avec une gare à Saint Martin d'Ablois (actuellement l'un des bâtiments de la coopérative vinicole) et un arrêt facultatif au Sourdon.

Dans la côte de Vinay, on devait pousser le train, c'est ainsi qu'il prit le surnom "Le poussif" et celui plus malicieux de "Compagnie des Brouettes Rémoises" ! En 1913, il fallait 3h15 pour aller de Montmirail à Epernay. La ligne fut déclassée le 12 Mars 1937.

La guerre de 1914-1918


Saint Martin d'Ablois était proche du front, surtout pendant la deuxième bataille de la Marne qui s'est déroulée à quelques kilomètres. Un cimetière militaire fut même aménagé non loin de la ferme des Meulières. 64 enfants de Saint Martin sont morts pendant cette guerre.

En leur mémoire, le Monument aux Morts actuel fut inauguré le 11 Novembre 1927.


Vous voulez en savoir plus sur le monument aux morts :

La guerre de 1939-1945


Après l'appel du général de Gaulle le 18 juin 1940, plusieurs Ablutiens entrèrent dans la Résistance, Trois d'entre eux ont été arrêtés, emprisonnés et torturés. Ils furent fusillés le 19 février 1944 à l'est de Châlons-sur-Marne (devenue aujourd'hui Châlons-en-Champagne). Ils se nommaient :

  • Michel DESTREZ
  • Julien DUCOS
  • Marcel SOYEUX

De plus, Adrien DIDIER, Marcel FOUJU et Jacques SOARDI furent déportés et ce dernier ne revit pas la France.

Saint Martin d'Ablois a donc payé un lourd tribut à la patrie. Et en leur honneur, pour perpétuer le souvenir de leur courage et de leur patriotisme, 4 rues du village portent désormais le nom de Michel Destrez, Julien Ducos, Marcel Soyeux et Jacques Soardi.

Les panneaux des rues nommées en leur honneur

Le Refuge des Cheminots


Cette institution a été fondée par Georges Rosset, président de la Fédération des Retraités du Chemin de Fer, en 1927 au lieu dit "La Foulerie". Il avait pour but d'accueillir des cheminots à la retraite. Le refuge fut inauguré en 1928 par André Tardieu, Ministre des travaux publics, en présence de M. Riboud, directeur de la compagnie de l'Est et de M. Georges Rosset.

Afin d'améliorer le bien-être des résidents, au fil du temps, le bâtiment a subi de nombreuses modifications :

  • Construction d'un deuxième étage
  • Agrandissement de la salle à manger
  • Ajout de plusieurs chambres
  • Aménagement d'une verrière côté ouest
  • Installation d'un ascenseur en 1974

En 1956, le Refuge des Cheminots abritait 62 pensionnaires. Ils pouvaient profiter de la douceur du parc de la Foulerie, traversé par deux ruisseaux : une dérivation du Sourdon et le Cubry.

Le bâtiment a été démoli en 1986. Dans l'enceinte du parc se trouvent désormais, la place des manifestations et l'école élémentaire. Les grilles à l'entrée du parking de l'école élémentaire sont encore en place et on peut y lire le nom de Georges Rosset.

Les anciens maires


Période Identité
an XVIII 1806 Nicolas Lelouvier
1806 1812 Jean-Baptiste Piéton
1812 1814 Louis Rossignol
1814 1825 Auguste Sannegon
1825 1831 Auguste de Talhouët
1831 1843 Louis Noël
1843 1855 Étienne François
1855 1857 Sébastien Malet
1857 1865 François Miloni
1865 1866 Louis Fagot
1866 1871 Pierre Ketterer
1871 1892 Louis Fagot
1892 1893 Jules Ketterer
1893 1894 Ernest Moreau
1894 1897 Jules Lalouelle
1897 1908 Charles Daumont
1908 1911 Henri Durantel
1911 1932 Jules Ketterer
1932 1944 Émilien Jamart
1944 1945 Simon Moreau
1945 1965 Léon Durantel
1965 1971 Robert Jamart
1971 1983 Léon Durantel
1983 1989 Bernard Rauscher
1989 En cours Jackie Barrois